L’enquête a été effectuée entre les mois d’avril et mai derniers. Elle permet «d’évaluer le niveau de respect et de mise en œuvre des engagements clés des Conventions, des Déclarations et Protocoles de l’Union africaine et de mesurer leur impact de leur mise en œuvre sur les conditions de vie des citoyens dans ces dix pays», note-t-on dans le rapport.
L’enquête, initiée par Oxfam Grande Bretagne, basé à Nairobi (Kenya), en association avec d’autres organisations du continent, a concerné dix pays : Sénégal, Nigeria, Ghana, Rwanda, Kenya, Ethiopie, Egypte, Algérie, Mozambique, Afrique du Sud. Ses résultats vont «aider les Etats à mettre en place des mécanismes permettant de renforcer leur engagement en faveur du respect et de la conformité aux disposition internationales.
Au Sénégal, les travaux ont été réalisés par des chercheurs et universitaires de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Ils ont été coordonnés par la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) et l’Equipe du Conseil régional pour la recherche (CART).
Président de la RADDHO, Alioune Tine a salué l’enquête, qui est «une initiative inédite et originale véritablement porteuse de progrès» sur le continent. «C’est un excellent document de plaidoyer que nous allons recommander pour sa vulgarisation auprès des autorités, des magistrats et des institutions», a-t-il indiqué.
Le seul bémol, a regretté Alioune Tine, «les pays africains ratifient avec une extraordinaire rapidité, les Traités et Conventions. Mais ils ont tous les problèmes du monde pour leur mise en application». Le Sénégal a été présenté comme un «champion en matière de ratification» de Conventions et de Traités.
Le volet A du projet à trait au «respect des droits humains» à «la bonne gouvernance et à l’amélioration de la condition des femmes et des enfants» par les pays concernés en l’occurrence. Les chercheurs ont utilisé trois sources principales : la recherche documentaire basée essentiellement sur les instruments juridiques nationaux, régionaux, continentaux et universels ; un travail de terrain basé sur des interviews individuels avec les experts ou personnes ressources, les théoriciens ou praticiens du droit et enfin l’analyse et le traitement des informations recueillies sur le terrain.
Un rapport consolidé à l’échelle du continent sera publié. Dans cette perspective, «le sommet de l’Union africaine de 2010 devrait constituer un repère important dans le cadre de ce travail», espère-t-on.