Selon Smolik, expert en politique étrangère et gouvernemental des Etats-Unis, tout est question de «proportion» dans le domaine de la corruption, de sorte qu’un pays est surtout jugé en fonction des efforts déployés pour limiter et contrôler le phénomène.
« La corruption existe partout elle existera toujours», a-t-il rappelé lundi 26 juillet, au cours d’une conférence qu’il animait au centre ouest africain de recherche (WARC), sur le thème : « La bonne gouvernance et la lutte contre la corruption ».
La corruption «ne dépend pas de la culture, ni de tel ou tel système politique. C’est un problème universel, un problème qui peut se généraliser», a ajouté l’expert américain. Il a encouragé le Sénégal à faire davantage d’efforts dans la lutte contre la corruption et pour la promotion de la bonne gouvernance.
Evoquant les manifestations du phénomène au sommet de l’Etat ou au sein de grandes structures, il a parlé de «corruption centralisée», en opposition à une « corruption décentralisée » présente dans la rue. Toujours est-il que dans l’un ou l’autre cas, « les deux formes de corruption sont nocives », selon le diplomate.
Il a par ailleurs relevé que dans le secteur privé, la corruption est très difficile à être démasquée. Même quand des soupçons existent, les enquêtes commanditées risquent « de ne mener à rien».
Mais si un pays a une réputation de corrupteur, il aura du mal à capter les investissements étrangers, a-t-il prévenu. « Si un pays a une perception de corrupteur, les investissements ne viendront pas, ils iront ailleurs dans d’autres pays», a insisté Smolik.
L’expert a cependant ajouté que cela n’est pas le cas du Sénégal, qui a des dispositions favorables pour capter les investissements étrangers. « Aujourd’hui, a-t-il affirmé, le Sénégal est bien placé pour recevoir des capitaux étrangers.»
« Je vous souhaite ici au Sénégal de faire un pas en avant (en matière de lutte contre la corruption et la bonne gouvernance) comme je le dis dans d’autres pays», a poursuivi le diplomate, estimant que ce sont les plus pauvres qui subissent le plus les « effets pervers de la corruption ». « La corruption touche beaucoup plus les pauvres », a-t-il rappelé.
Il s’est élevé contre l’idée selon laquelle la corruption « dans les pays développés ait des effets moins graves. « je ne suis pas d’accord que dans les pays riches, la corruption est moins nocives que dans les pays pauvres.»
« La corruption est un fléau pour nous comme société mais aussi comme individu. Ca touche notre moralité. C’est un problème de moralité, d’intégrité personnelle et religieuse», a dit Robert José Smolik.
La tâche consistant à lutter contre la corruption n’incombe pas au seul chef ni exclusivement au gouvernement, a-t-il noté. Pour lui, chaque citoyen a le devoir de participer à ce combat « dans son milieu d’influence ».
«Lutter contre la corruption, relève d’abord de la responsabilité morale et individuelle de chacun», a répété Smolik. « Chacun de nous doit prendre ses responsabilités envers ses amis, ses collègues, dans son entourage. Chacun de nous doit exercer une influence en vers avec les gens » qu’il côtoie pour les sensibiliser, a précisé le diplomate.