La bâtisse est une grande maison composée de trois étages dont le rez-de-chaussée abrite les services généraux. Au centre de la maison, un grand jardin agrémente l’environnement. Le premier et le deuxième étage, construits sur le même modèle, compte chacun 5 chambres dont 8 petits box de lits blancs par chambre, une salle à manger, une salle de soins, les sanitaires, une biberonnerie, une salle de jeux.
Au premier étage, deux jeunes dames s’évertuent à donner du yaourt à des enfants dans la salle à manger où se trouvent chaises et tables blanches métalliques. D’autres chaises plus douillettes, les unes plus grandes que les autres selon l’âge des enfants, sont posées contre le mur et destinées au repos et à la digestion après le repas.
Accueillis, la vie de ces enfants est transformée comme dans un conte de fées. La mission première du centre depuis sa création en 1957, était « de compléter le travail que la surcharge des services hospitaliers ne leur permettaient pas de faire» en faveur des enfants malades de «kwashiorkor, de malnutrition, d’anémie, etc. », explique un document du centre.
«Le traitement nutritionnel à l’hôpital était décevant. Obligés de sortir prématurément des hôpitaux, les enfants dénutris, malnutris, etc.» font de « nombreuses rechutes » une fois rentrés en famille par manque de traitement spécifique».
Véritable centre pédiatrique, la pouponnière est gérée par des professionnels de la santé : des infirmières et une sage-femme d’Etat. Des milliers d’enfants y ont trouvé bien-être, bonheur et épanouissement au sein de la pouponnière. Certains comme ceux abandonnés doivent leur survie à cette institution de sœurs franciscaines.
De 1955 à 2008, l’institution a accueilli 4027 enfants de 0 à 1 an dont 3413 orphelins et cas sociaux, près de 600 « enfants adoptés et en voie d’adoption. Malheureusement 102 sont décédés au tout début. Mais aujourd’hui, les décès sont devenus très rares », selon Justina de Miguel, la directrice.
Les enfants adoptés sont en général des orphelins ou ceux abandonnés dont parfois les parents ne sont même pas identifiés.
A première vue, l’embonpoint et la forme éblouissante de ces enfants renseignent sur la qualité de vie dont ils jouissent dans cette maison. « Ici, les enfants ont une qualité de vie que je n’ai encore vu nulle part dans d’autres orphelinats, même en Espagne», témoigne Maribel Carrascosa, une Espagnole qui a adopté un enfant du centre.
Malgré les services rendus au pays, la participation de l’Etat du Sénégal dans le fonctionnement de cette structure reste insignifiante. Le centre fonctionne exclusivement sur la base des dons de personnes de bonne volonté, physique ou morale.
« Nous avons une petite subvention du gouvernement sénégalais (mais qui est) insuffisante même pour payer l’électricité», regrette la directrice de la pouponnière, sœur Justina De Miguel. Fort heureusement, à la faveur d’une convention liant l’institution à l’hôpital des enfants Albert Royer et à l’hôpital Principal de Dakar, les enfants « sont pris en charge gratuitement» dans ces structures hospitalières.
Tandis que la majorité des enfants jouent à la salle de jeux, d’autres sont restés au lit dans des chambres. Les uns sont couchés, les autres debout et quelques rares en train de pleurnicher. Malades, ils ont été isolés des enfants sains, afin d’éviter la contagion.
Dans la salle de jeu située au font du large couloir, les enfants bien portant prennent du bon temps, accompagnés d’une musique douce et berçante, avec une multitude de jouets dispersés autour d’eux.
Posé au milieu de la salle sur des lits de très petite épaisseur, beaucoup d’entre eux notamment les plus grands et les aptes au déplacement, vont dans tous les sens, faisant apparaître un mouvement centrifuge.
Ils ont tendance à se diriger en particulier vers la sortie fermée par des doubles battants de petite taille. Ils s’y accrochent et se mettent debout pour regarder ce qui se passe dans le couloir et «communiquer» avec notamment des monitrices ’affairant à leurs tâches quotidiennes. Certains déjà apprennent laborieusement à marcher, d’autres s’exercent à rester debout. Mais le moyen de locomotion le plus efficace semble être les quatre pattes.
« Selon sa santé, chaque enfant est rendu à l’âge de 8, 9 ou 10 mois ». Mais l’aide de l’institution à la famille se poursuivra encore pendant 2 ans avec l’octroi des aliments nutritifs nécessaires. La sœur Justina de Miguel fait montre d’une grande tendresse à l’endroit de ces être innocents dont certains ont frôlé le pire.La suite dans dossier.....